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 Dans une petite cage, au fond de la pièce...

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Sya
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MessageSujet: Dans une petite cage, au fond de la pièce...   Sam 5 Mai - 14:12

Sya ouvrit lentement les yeux et observa son environnement d'un regard vitreux. Où était-elle ? A force de voyager, d'être transportée aux quatre coins du monde au rythme des marchés, elle avait perdu toute notion de temps et lieu. Elle se redressa sur ses bras endoloris, en essayant de ne pas se cogner contre le haut de la cage.

Emprisonnée, c'était bien ça. Elle se rappela son voyage en bateau, la vente de Maiji, les marchés d'esclaves. Une larme salée roula jusqu'aux commissures de ses lèvres, et elle regarda l'alliance qu'elle serrait au creux de sa main.

La jeune Hybride se ressaisit après quelques minutes. Elle n'y pouvait rien pour le moment. Elle décida donc de réaménager son habitat de fortune, en attendant la suite des évènements. Secouant la couverture usée sur laquelle elle était assise, elle constata qu'elle n'était pas seule. De nombreux autres Hybrides attendaient dans leurs cages respectives, les uns avec patience, les autres un peu moins calmes. Le regard de Sya alla de l'un à l'autre, essayant de discerner un visage familier, sans succès. Elle disposa donc du mieux qu'elle put le tissu grisâtre et s'installa dessus. Même si sa situation n'était pas des plus confortables, elle était plus ou moins en sécurité. Elle frissonna, il faisait froid dans cette pièce, et le peu de vêtements qu'on lui avait fait porter étaient plus là pour décorer qu'autre chose. Les vendeurs avaient souvent recours à cette technique afin de montrer la "qualité" de la marchandise. La jeune fille regarda avec humeur la jupe trop légère et le débardeur transparent qu'elle revêtait, puis elle ferma les yeux et commença à somnoler. Au fond d'elle même, elle espérait que personne n'aurait la mauvaise idée de l'acheter. Sya n'osait même pas penser à ce que l'on pouvait, en toute légitimité, lui ordonner de faire. Elle resta là plusieurs heures, essayant d'être la plus invisible possible à chaque fois qu'un potentiel acheteur passait à proximité. Ce fut à peine si elle entendit la porte s'ouvrir pour que quelqu'un dépose une assiette de nourriture... si l'on pouvait appeler ça ainsi.

D'un air absent, elle saisit la gamelle et la porta à ses lèvres. Il s'agissait d'un liquide blanchâtre, peut être du lait, dans lequel flottaient divers débris - herbes, morceaux de racines, céréales écrasées. Elle réprima le haut-le coeur qui la saisit et finit son repas, résignée.
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Háril Naldor
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MessageSujet: Re: Dans une petite cage, au fond de la pièce...   Lun 7 Mai - 21:03

Midi. Le soleil atteignait son zénith et aveuglait de sa lumière trop blanche, trop vive, les habitations alentours ainsi que les passants qui déambulaient activement dans les rues à cette heure fatidique de la journée. Certains, comme le jeune Háril ici présent, profitait seulement d'un petit moment de pause dans le travail pour déjeuner, d'autres effectuaient divers achats ou faisaient du lèche-vitrine, ou bien encore se promenaient ainsi sans but à leur aise. Le jeune homme aux traits délicats soupira en fermant délicatement ses yeux, gênés par la trop grande clarté du soleil. Il fallait le temps pour s'y habituer, le soleil tapait plus fort ici que partout ailleurs. Un bruit attira cependant son attention un peu plus loin à sa gauche. Un bruit multiple surtout formé de cris, de gémissements, de plaintes, de lamentations et de supplications.

Le bijoutier s'engagea dans cette direction, pensant à tort qu'il s'agissait d'une bagarre entre deux particuliers, rythmée par les cris d'encouragement de leurs supporters respectifs. Peine perdue: il s'agissait juste de la boutique d'animaux du quartier. Háril écarquilla nettement les yeux en découvrant plus avant les specimens exposés dans les cages, presque collées à la vitrine; ce n'étaient pas des animaux au contraire mais des humains, enfin en apparence. Certains présentaient une malformation visible, animale ou mécanique, d'autres paraissaient cependant bien normaux comparés à ces énergumènes. Intrigué, car n'ayant jamais vu ceci auparavant, le jeune pénétra dans la boutique, faisant tinter le carillon d'entrée, déclenchant de nouveaux cris et supplications, lui étant adressées. Háril n'avait jamais vu une telle pagaille, ni une telle saleté. Tout était couvert de poussières, ou à peine nettoyé, et les "créatures" exposées étaient toutes logées dans des cages trop étroites ou trop basses, à devoir mastiquer une sorte de bouillie infâme et sale, couchées sur ce que l'on pouvait distinctement appeler des paillassons décrépis.

Et inéluctablement bien sûr, le vendeur présent se précipita sur lui tout sourire, comme s'il ne s'agissait que d'objets usuels comme des lampes ou des tapis hors de prix. Quelques prix auraient pu faire sortir les yeux de la tête de son défunt paternel s'il avait été encore en vie. Háril se força à retrouver sa contenance et à lui sourire également en retour. L'employé lui présenta bientôt les hybrides -ainsi qu'on les nommait apparemment- tout en présentant leurs quelques caractéristiques, vantant leurs mérites ici ou là, sa voix jacassantes finissant par altérer un tant soit peu les tympans de son jeune client inexpérimenté qui se laissait guider comme une marionnette. Mais enfin, il trouva enfin le courage d'ouvrir la bouche après s'être habitué à la chaleur et à l'odeur de l'endroit, car oui il faisait une température tout juste supportable et l'odeur rance des excréments et des corps parfois entassés les uns contre les ordres, mal lavés et mal nourris, montaient rapidement aux narines, et lui répliqua enfin ceci:


"Merci bien de votre condescendance monsieur mais j'aimerais moi-même choisir le...l'esclave approprié."

Et l'envoyant balader d'un petit geste de la main, Háril attrapa ses lunettes situées au fond de sa poche de veste et les replaça sur son nez, faisant le tour des mâles, pas très aguichants, et puis enfin des femelles s'affisant parfois avec grossiéreté sauf deux ou trois, plus calmes en apparence. Le jeune homme se décida à s'approcher de l'une d'elle [Sya] et de l'observer attentivement bien qu'il ne pût pas en voir grand-chose; elle avait la tête baissée sur ce liquide étrange qui ressemblait fortement à du lait agrémenté d'autre chose rajouté, et pas pour la décoration.
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Sya
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MessageSujet: Re: Dans une petite cage, au fond de la pièce...   Mar 8 Mai - 0:38

Sya avalait péniblement l’horrible bouillie qu’on lui avait servie, quand elle entendit le léger tintement d’une clochette. A force, elle commençait à s’y habituer… La porte s’ouvrit délivrant quelques instants aux prisonniers les bruits de la rue. En sachant qu’un client venait de pénétrer dans la boutique, elle jeta un regard discret en direction de l’entrée. Il s’agissait d’un jeune homme, de moins de vingt ans. Ses cheveux noirs contrastaient fortement avec sa peau pâlichonne, et il paraissait plutôt frêle et efféminé. Il avait l’air surpris et regardait autour de lui avec une curiosité non feinte. Pendant un instant, elle crut qu’il allait repartir, car il semblait fortement indisposé par quelque chose –l’odeur, sûrement. Pour sa part, la jeune fille ne la sentait plus depuis de nombreuses heures.

Le commerçant, dès qu’il le vit, lui bondit dessus et débita son flot de paroles habituelles, une espèce de monologue appris par cœur, vantant les mérites de tel ou tel hybride. Sur leur passage, les créatures se livraient à un spectacle accablant. Ce serait à qui parviendrait à attirer l’attention du garçon le premier. Les prisonniers gémissaient, certains étiraient leurs bras en direction des poches, d’autres tentaient d’agripper un pan de tissu, un coude, une main. Sya regarda Hàril déambuler entre les cages, sans trop avoir l’air d’écouter le vendeur. A sa grande surprise, après l’avoir congédié d’un air suffisant, il ne s’attarda guère sur les mâles. Elle eût cru qu’une personne à l’air aussi efféminé se serait plus intéressée à ce genre de spécimens, mais apparemment, elle se trompait. Il avait enfilé une paire de lunettes, et un vague dégoût s’empara de l’Hybride. Il lui faisait penser à un zoologiste observant avec une curiosité scientifique l’objet de ses expériences.

Elle sursauta en le voyant se diriger en sa direction. N’ayant aucune envie d’être achetée, elle essaya de se faire la plus transparente possible, empoigna son bol encore à moitié plein, et enfouit son visage dedans, feignant de boire le liquide âpre qu’il contenait. Elle attendit quelques secondes, le temps qu’il traverse l’allée, mais la vague de clameurs et de supplications s’arrêta soudain. N’entendant plus rien, intriguée, Sya osa déposer sa gamelle et regarder ce qui se passait. Quelle ne fut pas sa surprise, en relevant la tête, de rencontrer le regard profond du garçon qui l’observait tranquillement derrière ses lunettes. Gênée, elle détourna tout d’abord les yeux, puis, en voyant qu’il ne partait pas, elle se retourna brusquement et le fixa d’un œil mécontent. Etait-il venu pour se distraire le temps d’une soirée, s’amuser à la vue de la misère et de la déchéance des Hybrides ? La fatigue et la souffrance de tous les jours précédents s’abattit soudain sur ses épaules, et ses yeux brillèrent de colère. Jouer les insolentes n’était pas dans ses habitudes, mais qu’avait-elle à perdre ? La vie ? Ce serait une délivrance… Cependant, faisant un effort pour se contenir, elle s’adressa au curieux d’une voix posée :

-« Oui ? »
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Háril Naldor
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MessageSujet: Re: Dans une petite cage, au fond de la pièce...   Mar 8 Mai - 17:46

L'androgyne avait donc le regard fixé sur la jeune hybride, à quelques détails près aussi humaine que ces gens pressés se bousculant dans la rue en s'injuriant d'un air surexcité même si le bruit était pas mal assourdi par ceux, infernaux, des hybrides enfermés et pour certains même enchaînés à leurs barreaux, suppliant toujours, piaillant de plus belle pour attirer à nouveau l'attention du potentiel acheteur sur leur petit corps fragilisé par tant de privations. Háril cependant les ignora, serrant silencieusement les dents pour se convaincre que cela ne servirait jamais à rien de libérer tout ce petit monde. Il n'avait pas besoin d'une ménagerie mais de domestiques "qualifiés" si l'on pouvait leur attribuer cet adjectif. Il faudrait voir seulement...

Un frémissement parcourut ses membres lorsqu'il croisa le regard de la jeune "fille" le regardant avec...se pourrait-il qu'il s'agisse d'étincelles de colère? Pourquoi? Qu'avait-il fait pour mériter un tel accueil? Serait-ce le fait qu'il soit resté planté là devant cette cage à laisser vaquer ses pensées sur tout ce petit monde? Háril reprit tant bien que mal contenance, soupirant, résigné, redressant machinalement ses lunettes sur son nez pour se redonner une certaine assurance. Un sourire l'éclaira lorsqu'il entendit la voix claire, calme pourtant et posée de l'hybride qu'il voyait juste en face de lui.


"Navré de vous déranger, mademoiselle..."

Il entendit le vendeur pousser une sorte de juron devant son langage bien trop poli à l'égard de ses "esclaves"; le jeune homme leva les yeux au ciel comme pour ne plus l'entendre et reprit bien vite, comme s'il n'y avait eu absolument aucune interruption:

"...mais je me demandais justement s'il ne serait pas mieux pour une jeune fille dans votre genre de sortir de ce lieu infâme. Et par la même occasion, j'aurais besoin d'une employée de travail."

Un autre juron brisa les quelques secondes de répit des autres condamnés, certains le regardant avec des yeux ronds comme des soucoupes de son dialogue par trop poli et sans aucun terme faisant référence à l'esclavagisme, d'autres le méprisaient du regard et parfois de la voix en déformant assez vulgairement ses paroles. Le vendeur devait penser qu'il s'agissait d'un blasphème et intervint d'ailleurs auprès d'Háril, fronçant les sourcils, la mine réprobatrice d'un père surprenant son enfant en flagrant délit:

"Monsieur, voyons, vous n'avez pas besoin de leur parler ainsi avec autant de réserve ! Ce ne sont que des chiens, des esclaves ! On ordonne, ils obéissent !"

Háril le fixa intensément dans les yeux, la lumière se réflétant sur ses lunettes et cachant partiellement ses yeux plissés d'un net mécontentement. Ne pourrait-il donc jamais être tranquille dans cet endroit maudit et sordide? Est-ce qu'un vendeur n'était pas censé rester à sa place une fois qu'on avait clairement démontré que ses services n'étaient plus requis? Apparemment, celui-ci ignorait de loin l'étiquette habituelle. Le jeune homme dégagea un mouchoir brodé de sa poche, s'y essuya calmement les mains, comme lorsqu'il le faisait lorsque la mauvaise humeur commençait à apparaître, le replia soigneusement et le rangea à nouveau dans la poche de sa veste avant de répliquer, détachant chaque syllabe:

"Monsieur, je vous remercie de ce que vous pouvez prendre pour conseils mais je vous spécifie que je n'en aie nul besoin et que si tel était le cas, je vous le ferais immédiatement savoir. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, je trouve le terme "esclave" beaucoup trop péjoratif pour désigner ces créatures. Donc gardez ce genre de terme pour vous et vos habitués et fichez-moi enfin la paix royale à laquelle j'aspire !"

Le ton était froid et sec au début, ses yeux prenant une forme de yeux de rapace fondant sur sa proie, au début du dialogue adressé à son interlocuteur. Le ton montait au fur et à mesure qu'il parlait, faisant bien sentir que cet homme lui était indésirable. Finalement, ils s'affrontèrent tous deux du regard; le vendeur exaspéré, poussa un nouveau juron et s'en retourna à son comptoir calmer ses nerfs sur la caisse. Háril ôta ses lunettes, vint rechercher son mouchoir et essuya cette fois-ci ses lunettes avec méticulosité. Et tandis qu'il exécutait cette tâche avec sérieux, il s'adressa plus doucement en direction de l'hybride:

"Je vais être direct: veux-tu sortir de cette misère?"
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Sya
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MessageSujet: Re: Dans une petite cage, au fond de la pièce...   Mar 8 Mai - 20:15

Sya avait déjà assez d'expérience en tant qu'esclave pour savoir à quel point il était inhabituel de voir un humain vouvoyer un hybride, et plus encore de lui présenter des excuses. Les propriétaires qu'elle avait pu voir jusqu'alors traitaient leurs serviteurs de manière beaucoup moins respectueuse -même lorsqu'ils les possédaient depuis des années. Il s'agissait peut être d'un abolitionniste ou d'un érudit, à voir sa façon de parler. Que lui voulait-il, au juste ? Perplexe, elle lui rendit néanmoins son sourire. Elle ne tarda pas à être éclairée sur ses intentions : il comptait l'employer à son service.

- A vrai dire... Je ne serais pas contre le fait de sortir d'ici, mais si c'est pour me retrouver dans une situation pire encore, je n'en vois pas l'intérêt...

Une vague pensée envahit l'Hybride : si elle avait jusqu'alors évité d'être achetée par les maîtres "normaux" - c'est à dire, hautains, exigeants, injurieux, voir pervers - celui-ci ne constituait-il pas une chance pour elle ? Les apparences étaient certes souvent trompeuses, mais la considération d'Hàril à son égard ne pouvait être feinte. Enfin, songea t-elle, c'était lui qui allait décider. Cependant, un détail l'intriguait : pourquoi la choisir, elle en particulier ? Sya n'avait rien de plus que les autres articles. Un physique plutôt banal, en omettant ses traits réguliers... Ses marques la classifiant dans la catégorie des Hybrides étaient peu visibles, ce client n'était apparemment pas de ceux qui rêvaient de posséder une créature aux ailes d'ange. Quant à son érudition, eh bien... Elle avait grandi dans les rues, et même si le grossiste d'esclaves qui l'avait acheté lui avait inculqué quelques notions de politesse et d'expression orale pour mieux la revendre, sa culture restait tout de même limitée. Devait-elle ou non rappeler tous ces points à son potentiel futur maître ? D'un côté, il risquait de changer d'avis et de ne pas la faire sortir de ce trou à rats... d'un autre, il s'en rendrait bien compte un jour où l'autre, et là, qui sait ce qu'il pourrait faire sous le coup de la colère ?

- Monsieur, je ne pourrais pas vous aider dans votre travail - dont j'ignore la nature même. Quoi qu'il en soit, je ne sais pas lire, et je doute qu'un handicap de ce genre me permette de vous aider. Et puis, vous n'avez pas à me demander mon avis ou ma permission... La seule chose qui sera déterminant dans cet achat sera... elle fit un petit geste du menton vers la poche de la veste d'Haril. Le contenu de votre porte monnaie. Mais bon, je ne dois pas coûter très cher, à mon avis. Si malgré cela vous avez toujours l'intention de m'acheter... je saurai vous prouver ma reconnaissance.

Songeant qu'après cette rhétorique, l'androgyne allait porter son intérêt sur quelqu'un d'autre, elle finit son bol, mi-grimaçante, et le reposa sur le béton froid. Puis, elle se revêtit du tissu gris décrépi et s'adossa aux barreaux. Ses articulations lui faisaient mal, elle avait les pieds frigorifiés, elle était sale et fatiguée.
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Háril Naldor
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MessageSujet: Re: Dans une petite cage, au fond de la pièce...   Mar 8 Mai - 20:47

La réponse de l'hybride raviva son sourire, apparemment satisfait de cette réponse somme toute banale, certes, mais significative de la délivrance à laquelle aspiraient à peu près toute la "marchandise" de la boutique avec ferveur et espoir même dans leur chagrin ou leur rébellion. Il ne devait vraiment rien avoir de pire que d'être derrière de pareils barreaux dans une position évidemment inconfortable sans pouvoir être libre de ses mouvements et de ses envies. Le coeur d'Háril commençait à battre de plus en plus vite à mesure que passait le temps, mal à l'aise de rester dans cet endroit malfamé et malheureux.

"Je ne sais pas ce que vous appelez une situation pire mais c'est sûr qu'en attendant mon installation complète, cela risque d'être un peu inconfortable chez moi. Mais je veillerais à veiller à vos...besoins si vous permettez de m'en tenir informé bien entendu. Je n'avais jamais des personnes aussi étranges que vous auparavant. Je débarque de ma cambrousse, comme disent les particuliers. Soit..."

L'homme acheva de nettoyer ses lunettes dont il replia les branches pour les tenir à portée de main et fixer l'hybride yeux dans les yeux. Peut-être avait-il "senti" cette sorte de malaise de la jeune fille lorsqu'il avait enfilé ses lunettes sur son nez. C'est vrai que cela lui donnait un air sérieux, un peu trop peut-être, mais il y avait des jours où c'était nécessaire, surtout pour s'habituer à l'ambiance présente. En effet, Háril avait un très léger défaut optique, sa vue se troublant plus ou moins fortement lorsqu'il écrivait, lisait, confectionnait ou réparait des bijoux, ou bien encore qu'il pénétrait dans une pièce un peu trop feutrée ou agressive pour les yeux comme tel était le cas ici. Mais à présent que sa vue s'était habituée à son nouvel environnement, il n'eut plus besoin de ses correcteurs et les rangea précautionneusement dans sa poche, tout en continuant de tendre l'oreille en direction de Sya, ignorante du travail qu'il lui demanderait d'exécuter.

"Vous savez, je peux résoudre ce problème en vous apprenant à lire et même à écrire. Mais mon travail n'est pas de cette trempe-ci, en fait je désirerais simplement voir mes bébés être portés par un modèle aussi calme et aussi belle que vous, pour me donner une idée de leur valeur et s'ils iraient bien sur un corps féminin. Ah oui ! Ce que j'appelle "bébés" sont en fait les bijoux que je m'amuse à confectionner et ensuite à vendre à la joaillerie dont je suis moi-même le gérant." Il surprit son petit geste et esquissa un autre sourire plus amusé. "Donc ce n'est pas vraiment l'argent qui manque."

Háril salua d'un geste de la tête et s'éloigna en direction du vendeur toujours à maugréer dans son coin, levant à peine les yeux sur son inhabituel client, qui savait heureusement faire preuve d'un éternel sang-froid. Après quelques conciliabules, celui-ci lui annonça le prix, haussant nettement le montant pour "apprendre à ce jeune sot à écouter les bons conseils". Mais le "jeune sot" ferma les yeux en soupirant de lassitude et allégea son portefeuille de quelques billets qu'il jeta sur le comptoir. Mais le vendeur trouva évidemment encore une raison de se plaindre.

"Ah non monsieur ! Ce n'est pas l'argent exact ! Je vous ai dit que..."

"Avant de me proposer un prix faramineux, cher monsieur, veuillez bien à l'avenir changer l'écriteau apposé à la cage de mademoiselle là-bas présente. Le prix y est clairement indiqué et il s'agit de la somme exacte en liquide que je viens de vous déposer. Ou bien vous amusez-vous de voler vos clients?"

Háril haussa un sourcil provocateur à cette dernière question, ce qui fit hausser les épaules du râleur, bien obligé d'aller chercher les accessoires -une laisse et un collier- que le bijoutier déclina fermement d'un ton sans réplique. Le vendeur laissa donc tomber au sol sans ménagement son bazar et se dirigea vers la cage, clés en main, se promettant de se venger sur l'hybride en la sortant de là. Háril observa les articles pendant ce temps près de l'entrée, avec un net dégoût sur le visage.
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Sya
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MessageSujet: Re: Dans une petite cage, au fond de la pièce...   Mer 9 Mai - 20:51

Elle réfléchit quelques instants, puis déclara à mi-voix.

- Vous avez raison. Il ne peut pas y avoir de "situation pire", je ne doutais pas de la qualité de votre logement, pardonnez-moi. Et je ne pense pas non plus que vous soyez du genre à maltraiter vos serviteurs...

Sya n'aspirait qu'à se dégourdir les jambes et à prendre une douche. Elle se demandait bien à quoi pouvait ressembler l'habitation de cet individu. Il disait être riche, mais elle ne s'attendait pas non plus à ce qu'il vive dans une villa. Elle l'écouta parler de ses créations de la même façon que si il s'agissait de ses enfants. Un peu déconcertée, elle conclut que le travail demandé n'allait pas être des plus pénibles... Porter des bijoux et poser avec... En fait, cet achat était une véritable aubaine ! elle allait se retrouver esclave, mais plus libre qu'avant sa capture ! Précédemment, elle avait toujours été dépendante de quelqu'un ou de quelque chose - que ce soit des marchands qui faisaient chèrement payer leur silence sur ses activités illicites, de la justice ou même de la drogue. Son avenir apparaissait devant elle, brillant, et plein d'espoir. Si la veille, on lui avait raconté ce qui l'attendait, elle ne l'aurait pas cru...

Emplie de reconnaissance, elle regarda son maître se diriger vers le comptoir et sortir de la poche de son veston un jeu de billets. Après une discussion plutôt sèche à propos de son prix, ce dernier s'avança en direction de la jeune Hybride et ouvrit la porte de la geôle, lourde et grinçante. Tandis qu'il lui faisait boire un peu d'eau - il faut abreuver les chiens avant de les emmener en promenade - elle regarda Hàril ignorer les accessoires offerts par la boutique. De nouveau, un sentiment de gratitude emplit son cœur. De quoi aurait-elle eu l'air, marchant nu-pieds dans la rue, attachée à son maître par une courroie de cuir noir sertie de clous ? Certes, ce spectacle était habituel pour les passants, mais la jeune fille avait malgré tout conservé un certain sens de l'honneur. Elle était consciente du fait que les amis de son maître et autres personnes qu'elle allait rencontrer dans les prochains jours ne la traiteraient pas tout à fait de la même façon... Elle avait déjà vu des gens battre à mort l'esclave qui n'était même pas le leur. Il ne fallait donc pas qu'elle prenne confiance avec l'orfèvre, elle risquait de commettre des bourdes lourdes de conscéquences. Songeuse, elle décida donc de rester soumise et humble avec le jeune homme, quelles que soient les circonstances.

Le vendeur lui remit son carnet de santé - fait plus que ridicule dans sa situation actuelle -, et, en les noyant dans les formules de politesse, il fronça les sourcils et fit signe à Sya de lui tenir la porte. Rougissant de ne pas l'avoir fait spontanément, elle s'effaça derrière la vitre en verre de la boutique. En passant, le vendeur, qui ne voulait pas perdre une occasion de se venger de celle qui lui avait fait perdre sa dignité, érafla la jeune femme d'un coup de couteau. L'esclave grimaça mais ne dit rien pour ne pas importuner son maître. Elle sortit donc de l'échoppe, et en se retournant, elle jeta un dernier regard aux prisonniers. Sa cage vide n'allait pas l'être pour longtemps. Un misérable détenu allait y prendre place à son tour, pas plus tard que ce soir. Elle croisa par mégarde le regard d'un autre article et sentit la crainte l'envahir devant l'intensité de la haine qu'il lui portait. Elle baissa vite les yeux et trottina aux côtés de Hàril.


- Puis-je me permettre de vous demander votre nom, Maître ? Et, je voudrais vous faire part de ma reconnaissance… Si jamais je ne vous conviens pas, je comprendrai parfaitement que vous me congédiez. Où habitez-vous ? Vous avez d’autres domestiques ? Vous dites venir d’ailleurs, mais…

Elle se stoppa net, craignant tout à coup que cet afflux de questions énerve son sauveur. Elle murmura une excuse et se tut. Elle avait posé une main sale sur son ventre, essayant de masquer l'entaille sanguinolente. En soi, ce n'était pas une blessure grave, mais la fatigue et le manque d'hygiène avaient affaibli Sya. Elle affichait cependant un petit sourire crispé, que les yeux ne suivaient pas. Elle fit un effort pour accélerer son pas mais elle sentait ses genoux lui faire mal, enfin dépliés, et elle tremblait un peu. Malgré cela, jamais sa joie n’avait été aussi grande.


[on continue sur un autre topic ?]
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Háril Naldor
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MessageSujet: Re: Dans une petite cage, au fond de la pièce...   Mer 9 Mai - 22:38

Maltraiter ses serviteurs? Non, ça ne lui serait pas venu à l'esprit enfin...pas tant qu'il n'avait aucune raison de le faire et en aucun la douleur ne serait physique. Le silence, l'ignorance et les sarcasmes étaient des armes bien plus terribles encore. Leurs victimes devaient encore en avoir pour leurs frais, ou bien s'efforçant de les ignorer et n'en faisant toujours qu'à leur tête jusqu'à comprendre enfin, jusqu'à comprendre un jour malheureux. La vie n'était pas toujours clémente et ne favorisait personne en particulier. Chacun naissait homme, libre, riche de quelque chose -pas nécessairement d'argent- et mourait fatalement. La roue de la vie et de la mort n'était rien d'autre qu'un long cycle creusé par le temps.

Une fois l'achat réglé ainsi que les dernières formalités "administratives" soient achevées, Sya pût enfin respirer un grand bol d'air frais et se mouvoir librement en-dehors de sa prison de fer rouillé. Háril ne cessait de la regarder et même s'il n'était pas attiré par elle, il ne pouvait s'empêcher de la trouver belle et intriguante. Le jeune homme prit ensuite la porte, aimablement tenue par la jeune fille, la remerciant du regard sans toutefois se douter du coup que le vendeur lui porta. Monsieur s'occupait de reprendre un peu d'oxygène à l'extérieur, dans un air déjà moins tuméfié que celui de l'intérieur; il en inspira plusieurs fois de grandes bouffées.

Lorsque l'hybride lui demanda son nom, le bijoutier tourna la tête dans sa direction, la regardant fixement pendant quelques secondes, de l'évaluer aussi sur le reste de ses paroles, puis il se rapprocha d'elle à petits pas et porta sa main pâle à ses lèvres pour y déposer un baiser galant accompagné d'un autre sourire, pour la circonstance.


"Je ne vous congédierai pas, n'ayez crainte. Excusez-moi aussi l'impolitesse de ne pas m'être présenté. Je me nomme Háril Naldor et je suis l'actuel gérant de la joaillerie d'Olphera. Pour le reste, j'habite dans une villa sans trop de luxe toutefois. Je n'aime pas gaspiller l'argent en futilités. Et pour l'instant je n'ai que vous mais mon service risque encore de s'agrandir d'ici quelques jours, le temps de m'être définitivement installé. Et quel est donc le nom de cette adorable créature devant mes yeux?"

Háril profita de son flot de paroles pour lui lâcher la main, s'interrogeant sur son attitude étrange, remarquant qu'elle tremblait. Craignant qu'il s'agisse de froid, le jeune homme retira sa veste et la lui passa autour des épaules, sans aucune gêne. Il poursuivit ensuite tranquillement sa marche tout en veillant bien à ce qu'elle puisse le suivre, songeant à la changer une fois qu'ils seraient arrivés chez lui. Bon, il n'avait peut-être pas d'habits féminins en stock mais en attendant qu'il en achète, ses vieux vêtements devaient suffire amplement.

[Oui, on poste chez lui si la villa est créée?]
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